« Il faut remonter au désastre. Ce n'est pas bien difficile, car le désastre a nombre de visages, et le temps passerait-il sur lui que pourtant il ne serait jamais loin. Mais il faut remonter au plus grand des désastres. Il faut remonter à la question d'Adorno – que vous me pardonnerez de rappeler encore une fois, alors qu'elle est si souvent convoquée – sur la possibilité d'écrire encore des poèmes, après Auschwitz. »
« Si la poésie est inadmissible ou put paraître telle, après les camps de la mort, c'est que toute parole est passée par la bouche des bourreaux »
Renaud Camus, Discours de Flaran, POL, 1997, p. 17 et 18.
Les membres du bureau de la Société des Lecteurs de Renaud Camus, se sont réunis le mardi 23 avril 2002, comme il était convenu de longue date.
À cette occasion, ils ont décidé, à l'unanimité, de participer aux manifestations du 1er mai contre le candidat du Front National à l'élection présidentielle, Jean-Marie Le Pen.
Les membres du bureau invitent les autres lecteurs à les rejoindre dans les cortèges organisés par les associations de défense des droits de l'homme et du citoyen.
Cette décision chacun des membres du bureau aurait pu la prendre sans considération de sa responsabilité au sein de la Société.
Tous les membres du bureau ont préféré faire savoir que cette décision leur paraît conforme aux valeurs qu'ils défendent au sein et au nom de la Société.
Les idées xénophobes et antisémites de Jean-Marie Le Pen et du Front National doivent être combattues au nom des principes que Renaud Camus a toujours défendus dans ses différents ouvrages : le droit des étrangers à bénéficier des lois de l'hospitalité et la condamnation de toute discrimination fondée sur la race, le sexe ou la religion.
Jean-Marie Le Pen soutient que les camps d'extermination de la Seconde Guerre Mondiale sont un point de détail de l'Histoire.
Avec Renaud Camus, nous considérons que ces camps et l'extermination de millions de juifs, justifiés par une conception pseudo-scientifique des races, sont un crime contre l'humanité, un crime sans pareil.
Avec Renaud Camus, nous défendons une profonde xénophilie, ce qui signifie le droit des étrangers à résider sur le territoire national, dans le respect des lois de la République, sans discrimination sociale et civile, conformément aux droits constitutionnels fondamentaux.
Le rendez-vous est fixé le mercredi 1er mai à deux heures de l'après-midi devant le siège de la Société des lecteurs, 16, rue Saint-Martin, Paris 4e.