Commentaire de l’auteur
Thrène interminable des œuvres d’art: c’est Pontormo, Le Déluge, dans le chœur de Saint-Laurent, ou Rosso, la Pietà, à Paris, c’est le Greco enfin dans la Vue de Tolède où il s’adresse directement au temps, autrement dit à l’Espagne triomphante du Siècle d’or. La peinture est une blessure pour toute image. Insulte perpétuelle aux pouvoirs, aux empires, ce n’est pas seulement l’arrogance politique qu’elle rend caduque, mais la rationalité scientifique, renvoyée soudain à son inanité. Ce qu’elle leur oppose est un mur noir sans conscience où s’écrasent les idées. Là est la loi catastrophique qu’affrontent les peintres. Et l’impossible vérité qu’ils découvrent les conduit aux confins de l’égarement, dans le délabrement du nom, jusqu’à la dissémination incontrôlable.