119. Il me semble à moi que pas une seule toile de Tw, pas un seul dessin, n'aurait non plus de sens ni de portée si leur auteur n'avait rien fait d'autre. Tous, et même ma chère Diana passes through the cool green trees, ont besoin d'être confrontés à la production globale de l'artiste en tant qu'ensemble cohérent et progressif. Je crois d'ailleurs que ceux-là confondent, comme si souvent, matérialité et matérialisme, qui soutiennent qu'une œuvre quelconque doit être envisagée ex abrupto, coupée de tout ce qui n'est pas elle, comme si cela était seulement possible ; comme si n'importe quel tableau, n'importe quel roman n'était pas inscrit dans toute l'histoire de la peinture, de la littérature, lié à tous les autres romans, à tous les autres tableaux par une infinité d'attaches contradictoires et ténues, de rapports positifs et négatifs qui font précisément sa richesse et notre plaisir. J'ai toujours été indigné par le parfait idéalisme et l'hypocrisie de ceux qui conseillent à n'importe qui d'aborder The Wake ou La Bataille de Pharsale sans la moindre préparation, comme si ces livres pouvaient offrir grand-chose à qui n'aurait pas lu Ulysse ou quoi que ce soit de Robbe-Grillet ou de Simon. Et quid d'un lecteur de Passage qui n'aurait jamais ouvert Ricardou ? C'est pour cette raison que Denis Duvert tente régulièrement de détourner ceux de ses amis de rencontre qui y songent, à moins qu'ils ne portent un intérêt particulier au Nouveau Roman, mettons, de lire les produits de ses petits travaux, sûr qu'ils ne manqueraient pas, ensuite, de déplorer auprès de lui un parti pris pour eux inexplicable d'obscurité et d'incohérence.