Renaud Camus compte parmi les rares analystes de notre décrépitude. Après
La Grande Déculturation (Fayard, 2008),
Le Grand Remplacement et
Décivilisation complètent le triptyque réaliste au centre duquel, tel un monstrueux Léviathan, trône la barbarie dont le nom est Légion. L’écrivain dénonce ici la spectacularisation et l’infantilisation d’une société individualiste qui récuse toute idée de forme ou de tenue, l’une et l’autre considérées par la soldatesque de l’Empire du Bien comme des ruines plus ou moins menaçantes. En cause, l’« hyperdémocratie », soit,
« la volonté de faire sortir la démocratie de son lit politique pour la projeter dans des domaines qui ne lui sont guère congéniaux », comme la culture on la famille. Faute d’une lente et patiente initiation au goût, la hideur étend son emprise et laisse désemparées les âmes sensibles. On ne peut que souscrire au jugement lucide de ce grand moraliste.